Gens et sites de la Famenne... par André Collard
Le service d'Incendie de Marche-en-Famenne constitué en 1812...
Ainsi que nous l'avons signalé dans notre chronique précédente (Info du 22/02/01), un service d'incendie très rudimentaire s'est constitué à Marche-en-Famenne en 1812 alors qu'un décret communal définissait certaines mesures de sécurité pour lutter contre les incendies, notamment l'obligation de ramoner les cheminées trois fois par an.
Rappelons par ailleurs que vers 1865, le corps des pompiers s'est développé et fera l'objet de plusieurs réorganisations, la plus importante ayant lieu en 1889. C'est alors que le bourgmestre, qui vient d'entrer en fonction, prend un arrêté déterminant plus clairement les tâches et les responsabilités du service d'incendie. Ainsi, par exemple, la mission de sapeurs-pompiers est élargie. Non seulement, ils se doivent d'intervenir lorsque le feu se déclare quelque part mais à tout moment ils peuvent être appelés par le bourgmestre ou par le commandant (avec l'autorisation du maïeur) à assumer différentes autres charges, en particulier les services d'ordre. Comment est financé le service d'incendie à cette époque ? Des subventions sont évidemment allouées par le Conseil communal; des aides proviennent aussi de certains particuliers, notamment de quelques propriétaires importants et d'artisans, de même que des compagnies d'assurances.
A la suite d'un incendie qui dans la nuit du 17 au 18 janvier 1891, ravage trois bâtiments et endommage deux autres maisons, dans la rue des Brasseurs, en face de l'école communale fonctionnant alors dans l'ancien collège des Jésuites (aujourd'hui complexe du Quartier Latin), le corps des pompiers va recevoir 25 francs de la Compagnie d'assurances "L'Union Belge", 50 francs des Assurances Générales de Bruxelles, et 35 francs de M. Eugène Delhaye, boulanger, de Marche en Famenne.
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Photo prise dans les années 50 : des pompiers entourent Albert Demelenne, commandant du service d'incendie (personnage assis).
...SE PREOCCUPE DE L'UNIFORME DES SES OFFICIERS EN 1900
Un peu d'histoire encore. Le premier commandant des pompiers sera M. Willième qui occupera la fonction pendant moins de deux ans, en 1865 et en 1866. Son successeur, Antoine Jadot, dirigera le service d'incendie pendant dix ans jusqu'en 1879. Viendra ensuite M. Fanard (1876-1888) qui sera remplacé par Pierre Devischer, lequel veillera aux destinnées de la section des pompiers jusqu'à sa mort. Son éloge funèbre sera prononcé au nom du service par Albert Valentin, le 12 mars 1892. Le 4 avril 1892, il est procédé à la nomination d'un nouveau capitaine-commandant, Henri Saintviteux, clerc du notaire Jadot, pompier volontaire depuis 1865 et désigné comme officier le 20 août 1876. Il sera encore à la tête du corps des sapeurs lorsque les Allemands déclareront la guerre à la Belgique, en 1914.
Les archives du services d'incendie nous permettent d'assister à une réunion des officiers, qui se tient le 1er novembre 1900. De quoi discute-t-pn ? Il s'agit d'abord de vérifier les comptes, de calculer les dépenseseffectuées depuis la dernière assemblée. Le rapport du trésorier est précis; le moindre engagement financier y figure, même les deux litres de genièvre achtés chez Mme veuve Peret et les boissons consommées pour 2,70 francs par les pompiers à l'occasion de la retraite aux flambeaux qui s'est déroulée lors de l'ouverture de la kermesse, en septembre 1889.
Dans le procès-verbal de cette réunion, il est fait mention de l'arrivée d'un nouvel officier. Il s'agit de Lambert Rossignon. Au cours de la mêmeassemblée, plusieurs officiers, MM. Saintviteux, Duchesne, Mercy, Courtoy et Valentin, qui ont assisté au Concours international organisé à Bruxelles par la Fédération des sapeurs-pompiers "sont d'avis que la tenue actuelle des officiers de Marche (pantalon et sarrau bleu avec ceinturon) n'est plus de mode et constitue avec l'ancien képi un affublement bizzare et sans goût, qui frise le ridicule.
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Cet avis sera partagé par tout le monde. La décision est prise immédiatement de modifier l'habillement des cadres du service d'incendie.
Lors de la réunion du 4 février 1901, l'officier Emile Mercy montre "un veston en cuir, confectionné en Grande-Bretagne, qui présente par sa coupe, sa souplesse et imperméabilitétoutels les conditions nécessaires pour être mis en pratique dans les corps de pompiers". Le prix du vestion est de 35 francs. C'est assentiment général et le projet d'une nouvelle tenue est adopté.
On peston récise toutefois que, sur ce veston "des boutons en cuivre doré remplaceront ceux qui s'y trouvent et qu'un liseré simple, double ou triple suivant le grade de l'officier, sera placé sur chacune des manches, au-dessus du poignet". D'autre part, chaque officier recevra une paire de guêtrons au prix de 5 francs.
...FAIT FACE A PLUSIEURS SINISTRES AU DEBUT DE XXe SIECLE...
Il n'est pas dans intention de retracer toute l'histoire du service d'incendie, ses hauts et ses bas, sa grandeur et ses faiblesses au cours de la première partie du XXe siècle. Nous passerons assez rapidement à une époque plus proche de nous et à l'actualité d'aujourd'hui.
Cependant, notons encore que le 27 mai 1912, "un incendie à la ferme de Mocrie mobilisera pendant trois heures, trente-six pompiers qui recevront un salaire global de 96,30 francs". Les archives relatent aussi un sinistre qui affectera de M. François Hanin-Maréchal, rue Dupont, avant la première guerre mondiale. Les dégâts seront importants et estimés à 5.200 francs pour le bâtiment et le mobilier, les marchandises détruites par le feu étant évaluées à la somme de 31.600 francs. >>> suite
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